ComeUp est-il fiable ? Compte séquestre, freelances vérifiés et avis Trustpilot

Un client romand m’a posé la question il y a quelques mois : il voulait faire retravailler son logo pour moins de 50 CHF et était tombé sur ComeUp en cherchant un prestataire pas cher. Sa question n’était pas « comment ça marche », mais « est-ce que je peux payer sans me faire avoir ». C’est exactement l’angle que je prends ici, parce que c’est celui qui compte vraiment avant de sortir sa carte.

ComeUp, l’héritière de 5euros.com

ComeUp n’est pas une startup qui sort de nulle part. La plateforme existe depuis 2013 sous le nom de 5euros.com, fondée par Guillaume Passaglia et Maxime Valette, les mêmes qui ont créé viedemerde.fr. Le changement de nom, intervenu fin 2022, coïncide avec une levée de fonds de 500 000 euros et une volonté assumée de s’ouvrir au marché anglophone, ce qu’un nom aussi franco-français que « 5euros » rendait difficile. Le siège reste à Reims, mais le modèle n’a pas changé : une marketplace de microservices freelances, directement inspirée de Fiverr, où chaque prestation est vendue à un prix affiché d’avance, sans devis à négocier.

Pour un lecteur romand, l’intérêt est là : pas de frontière technique à franchir, pas d’inscription payante, la plateforme s’utilise depuis la Suisse comme depuis la France. La seule chose à garder en tête, c’est que les prix restent affichés en euros, logique pour une société immatriculée en France, et que le montant final sur votre relevé bancaire dépendra du taux de change appliqué par votre émetteur de carte ce jour-là.

Comment se déroule une commande, du premier contact à la livraison

Trouver et comparer les bons profils

La recherche fonctionne par catégorie ou par mot-clé, avec un filtre « freelance vérifié » qui mérite qu’on s’y arrête. Ce badge signale que le prestataire a passé une vérification d’identité, condition que ComeUp impose avant d’autoriser la vente. Dans mes recommandations à mes clients, je conseille toujours de croiser ce badge avec le nombre d’avis et l’ancienneté du profil plutôt que de se fier au prix le plus bas : un freelance avec 1 900 avis et une note de 5,0 n’a structurellement pas le même niveau de risque qu’un profil créé la semaine dernière, même si son tarif est deux fois plus élevé.

Le compte séquestre, ou couper le courant avant la casse

C’est le mécanisme central de toute la plateforme, et il mérite une image simple. Un fusible ne sert à rien tant que tout va bien : son utilité apparaît au moment où quelque chose dérape, en coupant le circuit avant que le court-circuit ne fasse des dégâts. Le compte séquestre de ComeUp joue exactement ce rôle dans la relation commerciale. Votre paiement est prélevé au moment de la commande, mais il reste bloqué chez ComeUp, pas versé au freelance, jusqu’à ce que vous validiez la livraison. Si le prestataire disparaît, livre du travail bâclé ou ne respecte pas le brief, l’argent n’a jamais quitté le circuit et peut être débloqué autrement, via une retouche ou un remboursement. C’est ce dispositif, plus que la promesse marketing, qui explique pourquoi on peut commander à un inconnu sans y laisser sa mise de départ.

Les garanties concrètes en cas de pépin

Une fois la commande livrée, vous disposez d’une semaine pour demander des retouches si le résultat ne correspond pas à ce qui était convenu. Passé ce délai, ou en cas de désaccord persistant, un médiateur impartial côté ComeUp peut être saisi pour trancher le litige, une option plus rapide qu’une action en justice, mais qui ne remplace pas un conseil juridique si le montant en jeu devient significatif. Le service client répond en principe sous 24 heures, avec une option d’assistance prioritaire garantissant une réponse sous 1 heure pour les commandes urgentes. Si la commande est annulée avant livraison, le remboursement est immédiat puisque l’argent n’a, encore une fois, jamais été débloqué au freelance.

Un point à vérifier soi-même, en revanche : la facturation. ComeUp génère automatiquement un document à chaque commande, mais si vous commandez au nom d’une entreprise basée en Suisse, ce justificatif ne remplace pas votre propre comptabilité ni le traitement de la TVA suisse sur une prestation importée. Consulter un expert juridique ou fiscal cantonal reste le bon réflexe pour une application à votre situation, en particulier si les commandes deviennent récurrentes plutôt qu’occasionnelles.

Combien coûte réellement un service

L’accroche « à partir de 5 euros » est vraie, mais elle correspond rarement au budget final observé. Un service de rédaction SEO affiché à partir de 16,54 euros affiche par exemple un budget moyen constaté autour de 340 euros une fois les options ajoutées : recherche de mots-clés, relecture, nombre de mots. Une vidéo de présentation démarrant à 44,08 euros tourne en moyenne autour de 140 euros. C’est cette mécanique de tarif d’appel bas, puis d’options qui font monter la facture, qu’il faut anticiper avant de comparer deux profils uniquement sur leur prix affiché. Dans mes échanges avec des PME romandes, c’est souvent ce budget moyen, pas le prix d’accroche, qui détermine si la plateforme reste pertinente pour un projet donné.

ComeUp face à Fiverr et aux autres plateformes

ComeUp revendique aujourd’hui plus de 10 000 freelances actifs, plus de 1,3 million de commandes livrées et 98,9 % d’avis positifs, avec une note de 4,5/5 sur Trustpilot. Face à Fiverr, dont elle reprend ouvertement le modèle, la différence tient surtout à l’ancrage francophone : profils, service client et médiation fonctionnent en français, ce qui simplifie les échanges pour un client ou un freelance romand peu à l’aise en anglais. Une étude Fairwork Cloudwork menée par l’Oxford Internet Institute a attribué à ComeUp la meilleure note du secteur sur les conditions de travail proposées aux freelances, un critère qui compte si vous accordez de l’importance à la manière dont la plateforme traite les prestataires qu’elle héberge. Je ne recommande pas une plateforme plutôt qu’une autre sans connaître le projet : pour une prestation ponctuelle et peu coûteuse, ComeUp fait le travail ; pour une collaboration récurrente avec un même freelance, une relation contractuelle directe reste souvent plus simple à gérer, y compris sur le plan fiscal.